« La psychologie de James Bond ? Eh bien, parfois, il porte un smoking blanc et parfois il en porte un noir ! » Roger Moore.

Bond James Bond est un fantasme. Slurp.

Don Juan au shaker, pas à la cuillère, il est faussement sûr de lui, et calme son angoisse de la mort par une myriade d’addictions (violence, adrénaline, alcool, femmes, cigarettes, etc…). Ca casse le mythe.

Bond est un voyou à belle gueule, un gentleman cambrioleur. Un sado doublé d’un mazo. Avec un drôle d’air de Vladimir Poutine en goguette.

Immortel, c’est un Totem plein des tabous du siècle : du cul sans nichons, de l’égorgement mais surtout pas de clope, un Ecolo en Aston Martin 22 litres au 100 km, un produit placé par milliseconde, macho amoureux au premier regard, etc. 

Bond est un mythe : celui d’un occident tout puissant. Un mythe récurrent, qui s’effrite au fil des films et des crises mondiales. Jeune, fort, musclé, affûté, mortel, plein d’assurance et de cruauté, ayant droit de vie et de mort sur le reste du monde. Autorisé à tuer. Enfin, plus pour longtemps. 

Un ange déchu planqué sous l’armure d’un chevalier blanc. Le mec archétypal quoi. Ou protéiforme, ça dépend des jours.

Bref, Bond, c’est le héros qui sommeille en toi. Capable de s’adapter à tout. 100% dans le temps présent, car capable de mourir dans la seconde. Il a faim ? Il bouffe du caviar. Zizi le démange ? Il pécho en 2-2 la première bombasse qui passe. Il est pressé ? Il roule à 250km/h. Le service est de mauvaise qualité ? Il fiche deux bastos dans la tronche du serveur. Contrairement à toi, faut pas l’emmerder. Il se laisse pas faire. Il ne parle pas, il agit… c’est un alexithymique : il n’exprime pas ses émotions. 

L’Homme, le mâle, envie Bond, cet hédoniste, ce jouisseur sans posture morale.

Voilà voilà. Mais toutes ces élucubrations ne nous disent pas qui est vraiment James Bond. Eh bien nous, on va te le dire. 

D’abord, qui est Bond ? Un anglo-suisse, qui perd ses parents à 11 ans dans un accident d’alpinisme, est élevé par une tante (pas un homo hein, mais la soeur de son père). Bon élève, sportif, il rejoint la Navy, habite à Chelsea où la seule femme qui aie le droit d’entrer est “May”, sa gouvernante. 

Notre analyse est simple : Bond n’adopte un comportement ordalique (mise en danger permanente) que pour se rapprocher de la perte de ses parents. Il veut rejoindre Maman dans le vide qui les a tué. Il est beugué au stade oral, en fusion avec sa mère (Maman, tété !), à l’instant où l’enfant est mû par le principe de plaisir. Chez lui tout est pulsion (femmes, alcool, drogue, meurtre, jeu…). Ces addictions ne sont que des substituts à la succion impulsive du sein maternel. Maman tété, bis !

James Bond n’est donc qu’un gros bébé en manque affectif qui crie par tous les pores de sa peau : Maman j’ai faim !!! Voilà, maintenant, tu sais. Tu dois donc mourir. 

A propos de l'auteur

Chroniqueur/Pigiste, spécialiste Société&Médias

Articles similaires

Une réponse