Le marché des Enfants-Rouges, la rue de Bretagne, le Carreau du Temple, le Haut-Marais, tant de lieux qui font rêver les bobos de tous le pays. Le boulanger est sans gluten, on ne dit plus “coiffeur” mais “barbier”, on marche l’oeil rivé au smartphone, aucun légume qui ne soit bio, on slalome d’un bar gay en bar queen, le boucher est décédé, dans les vitrines meubles zé fringues sont vintages… et ceux qui “vivent” là depuis 5, 10, 20 ans ne s’entendent plus ronfler.

Ces jeunes gens de la télé et ou ciné, ces théâtreux, ces webdesigners, et autres saltimbanques digitalisés, sont des fêtards. C’était prévisible : la Mairie défend sa clientèle gauche caviar et laisse béton les vieux schnoks râleurs réactionnaires de droite. Que les mioches du premier étage aillent à l’école ne dérange encore pas ces trentenaires sans enfants… et si les parents veulent se boire un godet de bière à prix soutenable, qu’ils rejoignent le 10ème arrondissement !

Et puis ces terrasses, ces tables, partout, qui n’arrêtent pas d’interdire aux passants de passer. Le quartier se transforme peu à peu en rue de la soif, en paradis pour city-breakers, ces touristes avinés qui peuplent Barcelone et Milan.

Mais tous ces gens trop polis pour se faire respecter ont une solution : le 16ème leur tend les bras à 2000€/m² moins cher en plus !