Netflix tente d’hameçonner le télévore français avec “Marseille”, un House of Cards provençal sur les écrans le 5 mai. Résultat ? Un navet. Ou plutôt (contexte phocéen oblige) : une navette. 

Netflix voulait un navire amiral, il aura le Ferry-Boat ! 

Môssieur le Maire de Marseille sniffe un rail de coke dans les vestiaires du Vélodrome. Ça démarre… et tout est déjà dit !

Un scénar aussi mou qu’une bouillabaisse, aussi improbable que les anecdotes du papé et aussi poussif qu’une bicyclette à mazout.

Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour que l’aïoli prenne : un casting classieux (Depardieu, Géraldine Pailhas, Magimel, Hippolyte Girardot…), un sacré capitaine aux commandes – Dan Franck qui dirigea la série Carlos -, un teasing à la Disney, et surtout un pitch simple et efficace :

Robert Taro (de Marseille, sic), Maire en fin de règne campé par le russo-belge Depardieu, croit son dauphin, Lucas Barres (Magimel) assez docile. Mais l’ingrat le trahi. Au cœur de ce duel, un projet de casino, des pots de vin mafieux, des manips partisanes à l’UPM (re-sic) et une averse d’emmerdes familiales. Ok dit why not !

Plus corrompue la vie

On s’attend à un Soap de Marseille, un Tudors du Vieux-Port, un Game of Transat, ou d’une improbable rencontre entre Marius et Mafiosa. 

Malheureusement, ce sera pire. Et dès les premières minutes, un étrange malaise nous saisi. 

Très vite, c’est la déb(r)andade : des dialogues flasques, sur ou sous-joués, tantôt avec l’accent, tantôt sans ; et puis, il y a ces complots emporte-piécés, ces ralentis dignes de la cité de la Peur, ces scènes de fesses cradingues… en un mot : mélo. Le pastagua est noyé sous dix litres de pathos. Au final, même Depardieu s’emmerde ! 

D’ailleurs toute la critique sulfate la série. Il n’y a qu’à La Provence qu’on apprécie.

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Une série à l’image de Netflix : survendue et décevante.

Qui a déjà parcouru le catalogue de la plateforme VOD a compris que, mis à part 2 ou 3 produits d’appels de qualité (House of Cards, les films Marvel, le dessin-animé Archer), les programmes disponibles sont surannées et/ou de faible qualité. Les films des années 80 (Terminator 1) côtoient des séries déjà usés jusqu’à la corde (Buffy). Mis à part la mine de dessins animés Disney, on déchante vite. Et les produits “maison” on a drôle d’air de films amateurs : casting de sortie d’école, décors vides, effets spéciaux malingres. Le série Daredevil fait penser aux épisodes mal finis de Métal Hurlant et Flaked fait l’unanimité contre lui. Dommage.

“Pour la conquérir, ils sont prêts à la détruire” conclu la bande-annonce. Parlaient-ils de Marseille ou de leur réputation ?

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A propos de l'auteur

Chroniqueur/Pigiste, spécialiste Société&Médias

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