Zinc : Lundi tu as réuni, une fois de plus, tes élèves pour une minute de silence. Elle était plus ou moins difficile qu’après Charlie Hebdo ? 

Emilie : Différent. Cette fois ci c’était du pur silence. Ce n’étaient pas des journalistes de gauche ou des juifs qu’on avait attaqué. Mes élèves ont pris conscience que tout le monde pouvait être touché. D’ailleurs on a une collègue parmi les victimes du Bataclan et l’oncle d’un élève…

Zinc : Donc il n’y a pas eu les “débats politiques” autour des caricatures, ni de “Je ne suis pas Charlie”, comme en Janvier… 

Emilie : Non, hier les questions tournaient autour de Daesh, ils voulaient savoir pourquoi ils attaquent la France et pas les autres, s’il y’avait un risque de nouvel attentat. Bref, que du bonheur pour les profs ! 

Zinc : Des incidents ? Des discours tendant à justifier les attaques ? 

Emilie : Aucun incident pendant la minute de silence. Absolument aucune volonté de justifier ces actes : un vrai consensus sur l’idée que ces terroristes sont des pourris finis. Après, reste un débat sur l’ingérence de la France dans les affaires syriennes. Certains considèrent que nous n’avions pas à y aller. Mais ce débat est légitime. 

Zinc : Comment réagissent les élèves que tu considère les plus revendicatifs et virulents ?

Emilie : Ils n’ont même pas évoqué le conflit Israélo-Palestinien. Certains étaient au stade de France ou y avaient des amis. Les terroristes ont commis l’erreur fatale : on touche pas au foot !

Zinc : On a donc raison d’espérer !

Emilie : Je crois oui. Il y a un vrai esprit d’unité.