Avant, on entendait : « Milan ? N’y va pas, c’est indus, c’est moche ». Mais ça, c’était avant. Avant que la cité italienne de la mode ne fasse sa mue. Assise jusqu’ici sur les profits l’industrie textile de luxe, comme une dragonne sur son trésor, Milan mise désormais sur le tourisme ché-bran. Et ça marche ! Balade en amoureux dans la cité lombarde.

Dolce vita

Qu’on soit adepte du TGV (7h20) ou de l’avion (2h de Paris), on descendra à l’hôtel La Gare, face à… la Gare (centrale). Une excellente base d’où lancer les opérations et se replier pour roucouler. Central, neuf, chic, on pourra y savourer un petit’dej (compris) sur toit-terrasse, le nez dans les gratte-ciel de Porta Nuova.

Une fois les bagages posés, partez en balade bras-dessus bras-dessoous dans le quartier ouvrier de Brera, gentryfié et boboïsé depuis une dizaine d’années. On y trouvera de quoi snacker dans petit bar confortable, comme ce sympathique Fishbar (fishbar.it) par exemple.

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Rinascente, renaissance

Paris a sa fondation Vuitton, Milan sa fondation Prada. Les deux rivalisent de créativité pour attirer les amateurs d’art contemporain. Derniers invités en date : Damien Hirst et Rem Koolhaas. Que du beau monde. L’appétit de culture venant en croquant, on se nourrira de design et d’eau fraîche au Museo Kartell, véritable Eldorado de la déco, puis du côté de l’Armani Silos, cathédrale dédiée à la création, l’histoire, les arts majeurs, l’innovation, la mode, bref ce que l’on nommait communément « la culture » avant que Disney ne rachète le concept.

« Grouik » -Tu as faim, chérie ?. À quelques encablures, on trouva le Ratanà, oasis urbaine art-déco où l’on sert cette cuisine simple et légère qui met en valeur les excellents produits du terroir. De leur côté, les extrémistes qui ont déjà voté une fois EELV partiront en quête d’un resto « locavore » (slow food, circuits courts, km 0…) qui sont légion à Milan. Eh oui, alors qu’en France, le bio est – comme la clim – en option, l’agriculture italienne en a fait sa priorité. Pour faciliter le choix, on conseille le Ristoro Agricolo. Attention, la caponata m’a tuer !

15h, déjà ! Mais faut qu’on shopping ! Jetez Madame au coin de la Via Statuto, chez Beryl, où elle pourra vider son PEL en souliers signés Chloé, Marc Jacobs ou Raparo. Et si ça ne suffit pas, il y a toujours le Carré d’or (Quadrilatero d’Oro pour les intimes) : un block où se concentrent toutes les marques dont raffole Carrie Bradshow : Armani, Gucci, Versace, D&G… Gare quand même à l’explosion du plafond CB, ça fait pleurer les yeux après. Pendant ce temps, Messieurs, profitez d’un lieu unique : le Corso Como. The concept-store, le premier au monde et peut-être le seul. Un lieu où mode, design et art-contemporain se mêlent dans des expos rétro ou postmodernes. Immanquable.

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Buena note, 20/20

18h, l’heure de vivre ce que les autochtones nomment l’aperitivo. Un étonnant rituel, lors duquel on dépose son fondement sur un meuble destiné à s’asseoir dessus et commande un cocktail. Les Belvedere Shibuya de chez Tom semblent convenir tout particulièrement à cette activité.

Ainsi, le jour s’en est allé et le soir est tombé. Il est temps de se changer pour le dîner. Oui, car voyager en amoureux, c’est tenue de soirée exigée.

Puisqu’on a petit déjeuné en toit-terrasse, pourquoi ne pas finir la soirée sur un des dix rooftops de La Rinascente, avec vue sur le Duomo ? On propose d’aller frimer au Ceresio7, au sommet d’un immeuble années 40: deux piscines, un resto chicos divisé en cabines en plein air pour s’éblouir face aux buildings de verre et d’acier, en sirotant un cocktail Sazerac.

Pour ne pas regretter ces écarts de conduite culinaires, vous pourrez digérer en bougeant vos boules sur la pista dé dansa d’un chiosco de la Porta Ticinese. Dans ce coin, y’a de quoi faire. Pour les fans des années 80 mais fans jusqu’au bout des seins, on a le Cape Town. Par contre, j’espère que tu aimes le Pimm’s (non pas les biscuits, l’alcool).

Ciao bella !

Mais avant de partir, il faudra bien… remplir les valises de gressins, pâtes et autres sauces tomates artisanales.

Les rayons à vider se trouvent chez Eataly, le temple de la gastronomie transalpine (qui tient une succursale à Paris), mais aussi dans l’Italian Makers Village (plus branché artisanat et art de vivre) ou bien directement dans le Mercato Métropolitano, pour ceux qui aiment l’ambiance vrac et marché du dimanche. En voilà pour tous les goûts.

Arrivederchi !

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