De tous les pays d’Europe, ils semblent préférer la France ? Pourquoi ? Pourquoi Paris le 11 Janvier et Paris, encore, le 13 novembre ? Rome, Londres ou Madrid sont-elles des villes plus sûres, la France a-t-elle un défaut à la cuirasse, est-elle volontairement visée par Daech ?

Relire aujourd’hui les interviews alarmistes de Trevidic ou de pros du renseignement est terrifiant.  Depuis longtemps la question n’était plus “si” mais “quand” le 11-Septembre Français aurait lieu. Ainsi, dans un article du 2 octobre, un responsable anonyme prédisait : “la mode est désormais des attaques à la kalachnikov, qui vont durer”. Terrible.
Mais pourquoi, moins d’un an après les attentats ultramédiatiques contre Charlie Hebdo, les terroristes ont-ils, de nouveau, visé Paris – et presque au même endroit ?
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1-L’explication géopolitique
Selon plusieurs spécialistes du terrorisme, la France est devenue l’ennemi n°2 de DAECH après les Etats-Unis, suite à ses prises de position politiques et ses interventions militaires en Syrie et en Irak. Paris est aujourd’hui plus impliquée que Londres dans la lutte contre l’Etat Islamique. 
Pour cette raison un classement du britannique Foreign & Commonwealth Office plaçait la France au même rang de risque terroriste que le Pakistan ou la Somalie…
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2-Le contexte intérieur
Alors que la France attaque l’ennemi à l’extérieur, les débats politiques font aussi de l’islam et du musulman un ennemi de l’intérieur. Chez une partie de la jeunesse des banlieues, en décrochage scolaire et influençable, la stigmatisation de leur communauté facilite la radicalisation. En atteste la hausse des “signalements de radicalisation” dans les écoles, via le numéro vert ou auprès des commissariat. Le profil de ces radicalisés : des ados, dont 50% de femmes.
Dans leur esprit, la France, ancien colonisateur chrétien et actuel soutien des US et d’Israël, est une cible prioritaire. 
Cette idéologie haineuse est véhiculée par un nombre croissant de fous de Dieu venus prêcher sur le territoire hexagonal. Ainsi a-t-on expulsé une quarantaine d’imams extrémistes depuis 2012. Mais combien sont passés entre les mailles du filet ?
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3-L’impuissance des services de sécurité 
Le véritable débat politique à venir portera sur l’affaiblissement continu des services antiterroristes depuis dix ans. 
Pour des raisons budgétaires, les moyens alloués à la prévention de la menace terroriste ont été réduits au strict minimum, alors que les fameuses fiches S se multipliaient. Par conséquent, alors que les Etats-Unis ou l’Angleterre sont difficiles à atteindre, la France était vulnérable. 
Selon Bauveau, plus de 1000 Français seraient récemment revenu d’un séjour en Syrie. Parmi eux, plus de 600 sont jugés « très sérieux ». Pour les surveiller et surveiller les mosquées connues comme foyers de radicalisation, il faut des hommes. Des hommes, le patron patron de la DGSI en demande depuis trois ans. Il en a reçu plus de 2000 après les attentats de Charlie. Trop tard ?
Ces trois raisons font de Paris la cible privilégiée du groupe terroriste. J’écris “font” car notre capitale l’est encore