La folie meurtrière perpétrée par DAECH au nom d’Allah soulève une question : le terrorisme est-il inscrit dans le Coran ?

D’abord, il n’y a pas un mais DES Corans (Qur’An, « la parole »). Fruit d’une tradition orale, c’est un patchwork de propos rapportées dans différents dialectes puis traduits et retraduits. Et comme traduire c’est trahir, chaque traduction a donné lieu à une interprétation. Le Coran est donc une sédimentation de pensées d’origines et d’époques différentes remixée au fil des siècles… auquel s’ajoutent les hadiths, sorte de jurisprudence techniques qui définissent les traditions de chaque clan.

De là à dire qu’on peut lui faire dire ce que l’on veut… Sachant surtout que l’arabe coranique n’est compris que de 5% des musulmans. Il est donc assez simple de faire croire que Djihad veut dire « guerre sainte », alors qu’il signifie « engagement et effort ».

Ensuite, le Coran est plein de bons sentiments, comme le fameux verset 32 (« celui qui a tué un homme qui n’a commis aucune violence c’est comme s’il avait tué tous les hommes ») ou le verset 256 de la XVIème sourate (« point de contrainte en religion »), ou encore des hadiths chiites autorisant la représentation du prophète.

Mais, dans la seconde partie du Coran – qui raconte la fuite de Mahomet à Médine où il se mue en chef de guerre – on rencontre de sanglantes sourates. On peut y lire les versets de l’épée (« tuez/combattez les polythéistes là où vous les trouverez, prenez-les, assiégez-les et tendez-leurs des embuscades ») ou le verset 33 de la sourate V (« ceux qui entrent en guerre contre Allah et qui sèment le désordre alors leur rétribution sera d’être tous tués ou d’être crucifiés, ou d’avoir les mains et les pieds inverses coupé ou d’être exilés… »). De tels écrits sont absents des deux autres Livres (Bible, Talmud).

Certes, pour justifier leurs guerres, les chrétiens ont réinterprétés la bible afin d’en tirer les injonctions à la « guerre juste » (Saint-Augustin, 5ème siècle) et la « guerre sainte » (croisades du 10ème siècle). Mais, même si le texte coranique s’inscrit dans le contexte du proche Orient du VII siècle, aucun « conseil de sages » n’est depuis venu supprimer les sourates assassines… ce que proposent aujourd’hui certains intellectuels musulmans.

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