L’arrêt de mort a été prononcé hier par Bolloré a l’encontre des Guignols de l’Info, émission fétiche de Canal+. Les raisons de cette décision sont multiples. Officiellement, on avance des courbes d’audience en berne. Officieusement, Nicolas Sarkozy qui ne souffre guère la caricature n’y serait pas pour rien.  

À l’annonce de cette nouvelle, tout ce que le tout-Paris compte de beaux esprits, éditorialistes moralisateurs et progressistes grandiloquents est monté au créneau pour dénoncer une décision vilaine et pas gentille.

Mais, concrètement, combien d’entre-eux regardent encore les marionnettes ? 

Certes, à en croire les chiffres, les Guignols ont encore leurs aficionados : malgré la chute d’audience du Grand Journal, un pic d’audience est constaté à l’arrivée de PPDA. 

Depuis ses 20 ans, fêtés en 2009, l’humour des marionnettes a changé de cible : d’un d’anticonformisme visionnaire, nous sommes passés à une grossièreté qui te fais la morale. Les lames sont usés à force de tanner le même cuir. Ils veulent tellement en faire trop, qu’ils n’en font pas assez. Bref, on se rapproche du Bébête Show. 

Zéro subversion

En refusant de s’attaquer au Sidaction, au Téléthon, à Médécins du Monde, Yannick Noah, aux sans-papiers…, en tapant inexorablement sur Hollande et Sarkozy, les Guignols ont arrêté de nous étonner. Seule leur vulgarité nous choque encore. La vraie subversion est désormais du côté du Groland ou – en moindre mesure – chez Yann Barthès, qui ringardise les marionnettes. 

Mais comment expliquer leur bel audimat ? Car une nouvelle génération, moins exigeante, a pris le relais. Une génération qui continuerai à suivre les Guignols sur Internet, par exemple. C’est là que semble désormais sa place.

Mais quand Canal+ ou FranceTélé donnera-t-il(-elle) les moyens de développer un Daily Show à la Jon Stewart ?